Un petit égocentrique...
Article de Stephen Glover – 29 mai 2009 - The Daily Mail / Mail online – Royaume-Uni

Esprit étroit : Le président français Nicolas Sarkozy a ignoré le sacrifice de la Grande-Bretagne
La décision de l’Exécutif français de ne pas inviter la Reine la semaine prochaine aux commémorations du 65ème anniversaire du Débarquement est une insulte inimaginable envers la Reine.
Cela consterne et attriste aussi les vétérans anglais survivants de l’un des moments les plus importants de l’histoire mondiale et anglaise.
Le rétropédalage partiel de l’Exécutif français hier, et sa déclaration maladroite selon laquelle la Reine est la “bienvenue”, ne suffit pas, loin de là, à réparer les dégâts. Même aujourd’hui, il ne semble pas certain que la France souhaite réellement la présence de Sa Majesté aux cérémonies.
Qui est responsable de cette incroyable farce ? Gordon Brown et le 10 Downing Street ont une part de responsabilité.
Le Premier Ministre et ses ministres ont refusé de traiter le 65ème anniversaire comme un événement majeur jusqu’à ce que le Daily Mail révèle cette honte en début d’année. Qu’il ait fallu rappeler au Premier Ministre l’importance du 65ème anniversaire du Débarquement est décevant de sa part.
Maintenant, il est prévu que Gordon Brown participe la semaine prochaine aux cérémonies de Normandie. Mais il ne semble pas que G. Brown ou qui que ce soit d’autre au Gouvernement n’ait réalisé un seul instant que la Reine, en sa qualité de Chef de l’Etat, a une bien plus grande légitimité à assister à ces cérémonies.
Elle est la représentante du Royaume-Uni et compte tenu qu’elle a fait son devoir pendant la Seconde Guerre Mondiale sa présence en Normandie serait d’autant plus appréciée des vétérans et de l’ensemble du pays.
Peut-être Buckingham Palace aurait-il du insister un peu plus pour que la Reine soit invitée, mais toute démarche de la sorte trouve ses limites quand on ne s’est pas vu proposer d’invitation, et il incombait au 10 Downing Street de faire comprendre à l’Exécutif français qu’il aurait du inviter la Reine. Seul le tollé dans la presse a pu changer la façon française de voir les choses.
Le plus grand coupable est Nicolas Sarkozy, le président moitié Hongrois moitié Français.
Avec sa femme Carla Bruni, dont la principale occupation dans la vie est d’exhiber son corps de la manière la plus avantageuse, idéalement en dénudé, ce petit égocentrique devient de plus en plus gênant pour les citoyens français et la risée du reste de l’Europe.
Sarkozy n’était pas né quand 156 000 soldats Alliés se sont lancés avec un immense courage le 6 Juin 1944 à l’assaut de l’Europe occupée par les Nazis.
Photo d’époque du D-Day, légendée : Soldats débarquant sur les plages françaises le 6 Juin 1944
Il devrait néanmoins savoir que les troupes Britanniques et Canadiennes ont pris d’assaut trois des cinq plages normandes le 6 Juin 1944 et qu’ensemble elles représentaient plus de 50% des troupes du Débarquement.
Il n’est pas exagéré de dire que sans l’implication de la Grande-Bretagne la France n’aurait pas été libérée. Si la Grande-Bretagne n’avait pas gagné la Bataille d’Angleterre et si elle n’avait pas résisté seule pendant 18 mois pendant que l’Amérique restait isolationniste et que la France était vaincue et humiliée par les Nazis, le Débarquement en Normandie et la libération de l’Europe n’auraient pas été possibles.
Sauver la France a coûté la vie à 17,556 soldats Anglais et 5,316 soldats Canadiens.
Sarkozy est bien sûr parfaitement informé du sacrifice Anglais, mais en n’envoyant pas d’invitation à la Reine il a délibérément choisi d’ignorer ce sacrifice. Sarkozy n’a cependant pas oublié de solliciter la présence aux cérémonies du Président Barack Obama en sa qualité de Chef d’un Etat - les Etats-Unis - partenaire majeur de la Grande-Bretagne lors du Débarquement.
Pro-américain enthousiaste – ce qui n’était pas l’inclination de nombreux ex-présidents français – Sarkozy aimerait se faire photographier côte à côte avec le chef du monde libre. Le rôle de la Grande-Bretagne comme co-sauveur de la France est comme par hasard éludé.
Il serait facile d’accabler uniquement Sarkozy, mais j’ai bien peur que son comportement grossier ne soit symptomatique d’une psychose nationale beaucoup plus profonde concernant le rôle de l’Etat Français pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Ce qui ne signifie pas que les prédécesseurs de Sarkozy se seraient nécessairement comportés comme l’a fait Sarkozy. Mais sa façon de réécrire l’Histoire est une constante connue de la mentalité officielle Française depuis 1945.
La capitulation rapide de l’Armée française face aux Allemands en Mai-Juin 1940 a été le choc le plus important dans l’histoire contemporaine de l’Armée française – plus grand que la défaite française lors de la guerre Franco-Prussienne de 1870-1871, plus traumatisant, du point de vue de la fierté nationale, que les terribles pertes françaises lors de la Première Guerre Mondiale.
Si l’humiliation de la France et sa prise de conscience qu’elle était une puissance faible comparée à l’Allemagne a causé d’immenses dégâts, ceux-ci ont été aggravés par les événements ultérieurs.
L’Allemagne a mis en place un gouvernement de marionnettes à Vichy France qui a collaboré avec les Nazis. Le crime le plus épouvantable, parmi bien d’autres, du Régime de Vichy a été la déportation de
76 000 Juifs Français en Allemagne Nazie, dont seulement 2500 sont revenus.
Ce n’est que récemment, en début d’année, près de 64 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, que le Conseil d’Etat à Paris a finalement jugé la France juridiquement responsable de cette consternante trahison de citoyens Français. La réticence française à reconnaître la Collaboration de la France avec l’Allemagne Nazie a entâché l’histoire de France depuis 1945.
Il faut l’admettre, il y a eu la Résistance, quoique ses activités n’étaient peut-être pas aussi étendues ou efficaces que ce que certains français prétendent. Et il y a eu les Forces Françaises Libres basées à Londres sous l’autorité de Charles de Gaulle, dont les troupes ont été autorisées par les Alliés à entrer les premières dans Paris pour libérer la capitale en 1944, bien qu’elles n’aient joué qu’un rôle négligeable dans la libération de leur pays.
Humiliée par les Nazis, souillée par la Collaboration, la France a néanmoins été encouragée par les Américains et les Anglais à reprendre son rôle de puissance mondiale après 1945, avec un siège permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies, y compris avec le statut plein et entier, tous les droits et devoirs, d’un pays victorieux , alors que la France avait été vaincue dès le début de la Seconde Guerre Mondiale.
Par la suite, malgré ce traitement indulgent, l’Etat Français ne s’est jamais montré particulièrement reconnaissant envers la Grande-Bretagne. La gratitude de Charles de Gaulle, accueilli par la Grande-Bretagne pendant les heures les plus sombres de la Seconde Guerre Mondiale, a plus tard consisté à bloquer l’adhésion de la Grande-Bretagne au Marché Commun. Certains peuvent considérer ceci comme n’étant pas une terrible privation, c’est pourtant comme cela que De Gaulle l’avait conçu.
L’un des axes suivis par l’Etat Français pour réécrire systématiquement l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale a été de minimiser voire d’occulter le fait que la Grande-Bretagne a été l’un des deux grands libérateurs de la France.
La mise à l’écart de la Reine par le Président Sarkozy est dans le droit fil de cette ignoble tradition. C’est un peu comme si la France n’arrivait pas à pardonner à la Grande-Bretagne d’avoir sauvé la France.
Néanmoins, ce que l’on peut aussi dire sans trop se tromper c’est que la plupart des citoyens français, dans la mesure où ils ont suffisamment de culture historique sur la Seconde Guerre Mondiale, ne partagent pas cette attitude grossière et ingrate envers la Grande-Bretagne.
Les soldats Anglais du Débarquement sont largement considérés par la population française, notamment en Normandie, comme des libérateurs. Les Vétérans qui se rendent en France, en particulier en Normandie, sont toujours bien accueillis par les Français, lesquels - à la différence de leur Exécutif - ne souffrent pas d’amnésie sélective.
Le Président Sarkozy est un homme à l’esprit étroit non seulement en politique mais dans d’autres domaines aussi. Comme Hollywood, qui considère manifestement que le Débarquement a été 100% américain, Sarkozy choisit d’oublier les sacrifices des soldats Anglais.
Ne pas inviter la Reine – espérons qu’elle ou le Prince Charles se laisseront convaincre d’assister aux cérémonies – est une insulte envers elle, les vétérans et la Grande-Bretagne. Mais au final, nous en avons vu d’autres.
Ces hommes aujourd’hui âgés savent le sacrifice inestimable qu’ils et leurs camarades morts au combat ont consenti en sauvant la France et l’Europe.
Quand le président Sarkozy aura depuis longtemps été oublié, tout le monde continuera à se souvenir de ces soldats du Débarquement et à leur rendre hommage.
Sarkozy peut s’en moquer, Gordon Brown peut parfois passer à côté, mais la Grande-Bretagne n’oubliera jamais les soldats du Débarquement.
Stephen Glover – The Daily Mail / Mail Online – 29/5/2009










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